L’UNIGE décrypte le dialogue moléculaire entre protéines « gardiennes » et « tueuses »

L’UNIGE décrypte le dialogue moléculaire entre protéines « gardiennes » et « tueuses »

Une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences par une équipe de l’Université de Genève éclaire un mécanisme central de l’apoptose, la mort cellulaire programmée. Ce processus permet normalement à l’organisme d’éliminer les cellules inutiles ou dangereuses. Mais lorsqu’il est dérégulé, il peut contribuer au développement de maladies comme le cancer, où certaines cellules échappent à leur destruction naturelle.

Les chercheurs se sont intéressés à l’interaction entre deux protéines clés : Bcl-xL, une protéine « gardienne » qui favorise la survie cellulaire, et tBid, une protéine « tueuse » capable d’enclencher la destruction de la cellule. Pour la première fois, l’équipe a observé comment Bcl-xL bloque tBid dans un environnement membranaire, en particulier au niveau de la mitochondrie, souvent considérée comme la centrale énergétique de la cellule.

Cette avancée a été rendue possible grâce à la combinaison de deux approches complémentaires : la résonance paramagnétique électronique et la simulation moléculaire par ordinateur. Ces méthodes ont permis de visualiser non seulement la structure du complexe formé par les deux protéines, mais aussi sa dynamique. Les scientifiques ont montré que Bcl-xL s’ancre à la membrane mitochondriale et séquestre une région précise de tBid, tout en laissant le reste de la protéine flexible.

Ces résultats ouvrent des perspectives importantes pour la recherche thérapeutique. En comprenant mieux comment les protéines « gardiennes » empêchent les protéines « tueuses » d’agir, il devient possible d’imaginer des molécules plus ciblées, capables de réactiver la mort des cellules cancéreuses ou, à l’inverse, de protéger les cellules dans certaines maladies neurodégénératives.

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