Malgré les tensions au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie, l’économie suisse ne devrait pas basculer en récession. Selon une étude de Raiffeisen Economic Research relayée par l’ATS, la situation actuelle reste très différente du choc pétrolier de 1973, qui avait fortement pesé sur les économies occidentales. Cette fois, la Suisse paraît mieux armée pour absorber le renchérissement énergétique.
Les économistes de Raiffeisen maintiennent une prévision de croissance du produit intérieur brut réel comprise entre 0,5% et 1,0% en 2026. La progression serait donc ralentie, mais toujours positive. Pour Fredy Hasenmaile, économiste en chef de Raiffeisen, même un scénario de prix de l’énergie durablement élevés ne ferait pas nécessairement entrer la Suisse en récession.
Plusieurs facteurs expliquent cette résistance. L’économie helvétique est aujourd’hui moins dépendante du pétrole qu’il y a cinquante ans, grâce à une meilleure efficacité énergétique, à une structure économique davantage tournée vers les services et à une diversification progressive des sources d’approvisionnement. La hausse des coûts reste néanmoins un risque pour les entreprises, en particulier dans les secteurs industriels, les transports et les branches très exposées aux prix de l’énergie.
Cette analyse invite donc à nuancer le scénario catastrophe. La crise pétrolière actuelle pourrait freiner la croissance, peser sur les marges et maintenir une pression sur les prix, mais elle ne devrait pas suffire à provoquer une contraction généralisée de l’activité. Pour la Suisse, l’enjeu sera surtout de préserver sa compétitivité tout en poursuivant sa transition énergétique.


