Envoyer un satellite dans l’espace ne consiste pas seulement à lui faire supporter une forte accélération. L’un des moments les plus critiques survient lors des séparations mécaniques en vol, lorsque des éléments comme la coiffe ou des étages de fusée sont largués. Ces opérations génèrent des chocs et vibrations capables d’endommager des instruments scientifiques très sensibles.
C’est précisément ce problème que vise le projet ComfyPAS, développé avec la participation d’Empa. Ce nouvel adaptateur de charge utile doit jouer le rôle d’interface protectrice entre le lanceur et le satellite. Son objectif est de limiter la transmission des vibrations dangereuses, afin de mieux préserver les composants embarqués pendant les phases les plus brutales du lancement.
L’enjeu est important pour l’industrie spatiale. Les satellites transportent souvent des caméras, capteurs, horloges, instruments optiques ou électroniques de haute précision. Pour garantir leur survie, les ingénieurs doivent aujourd’hui ajouter des marges de sécurité, renforcer certaines pièces ou multiplier les tests, ce qui peut alourdir les systèmes et augmenter les coûts.
ComfyPAS cherche à apporter une réponse plus ciblée : absorber ou atténuer les charges dynamiques directement au niveau de l’adaptateur. Empa présente ce projet comme un exemple de transfert technologique soutenu par Innosuisse, où la recherche appliquée sert à rapprocher une innovation des besoins industriels.
Si cette approche confirme ses performances, elle pourrait contribuer à rendre les lancements plus sûrs pour les satellites délicats, tout en offrant davantage de liberté de conception aux fabricants. Dans un secteur spatial en pleine expansion, mieux protéger les charges utiles dès le décollage devient un avantage technologique autant qu’économique.


