Une équipe de recherche menée à Genève ouvre une nouvelle piste pour stimuler le cerveau en profondeur sans recourir à la chirurgie. Publiée dans Cell Systems, l’étude s’intéresse à la stimulation par interférence temporelle, une technologie qui utilise des champs électriques appliqués depuis le cuir chevelu pour atteindre des régions cérébrales profondes.
Aujourd’hui, certaines techniques non invasives comme la stimulation magnétique transcrânienne agissent surtout sur les zones superficielles du cerveau. À l’inverse, la stimulation cérébrale profonde permet de cibler des structures plus internes, mais elle nécessite l’implantation chirurgicale d’électrodes. L’interférence temporelle cherche à combiner ces deux avantages : atteindre des circuits profonds tout en évitant une intervention invasive.
Le principe repose sur deux champs électriques de haute fréquence, légèrement décalés. Les neurones ne réagissent pas directement à ces fréquences élevées, mais peuvent répondre au signal plus lent créé par leur interaction. Le défi principal reste toutefois la précision : une stimulation mal contrôlée peut aussi activer des régions non ciblées.
Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont ajouté une troisième paire d’électrodes produisant un champ d’annulation. Testée chez la souris à l’aide d’enregistrements électriques, d’imagerie calcique et d’IRM fonctionnelle, cette approche permet de réduire les activations indésirables tout en maintenant l’effet dans la région cible.
Cette avancée ne remplace pas encore les traitements existants, mais elle renforce le potentiel clinique d’une stimulation cérébrale profonde non invasive. À terme, elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour des troubles comme la dépression, les addictions, les TOC ou la maladie de Parkinson.


