Des chercheurs de l’Université de Genève ont montré que le claustrum, une petite structure profondément enfouie dans le cerveau, joue un rôle causal dans le maintien de la mémoire de travail. Cette forme de mémoire permet de conserver temporairement une information afin de l’utiliser quelques secondes plus tard, par exemple pour prendre une décision ou accomplir une tâche.
L’équipe a étudié des souris réalisant plusieurs exercices nécessitant de mémoriser brièvement des informations sensorielles. Grâce à l’imagerie calcique microendoscopique, les chercheurs ont observé que certains neurones du claustrum restaient actifs pendant les périodes d’attente séparant la présentation d’un indice et la réponse attendue. L’activité collective de ces neurones conservait même des informations permettant d’identifier l’indice présenté auparavant.
Pour déterminer si cette activité était réellement nécessaire, les scientifiques ont ensuite diminué expérimentalement l’excitabilité du claustrum grâce à des techniques chimiogénétiques et optogénétiques. Les performances de mémoire de travail des animaux se sont alors dégradées, aussi bien lors de l’encodage de l’information que pendant son maintien ou sa comparaison avec un nouveau stimulus. Ces effets ont été observés dans plusieurs modalités sensorielles.
Les chercheurs n’ont en revanche pas constaté d’altération notable du traitement sensoriel, de la motricité, de l’éveil ou du contrôle inhibiteur, renforçant l’hypothèse d’un rôle spécifique du claustrum dans la mémoire de travail.
Publiée dans Nature Communications, l’étude a été menée par les Départements des neurosciences fondamentales et de génétique et évolution de l’Université de Genève, avec notamment Alan Carleton et Ivan Rodriguez.


