Des patients hospitalisés en soins intensifs après une lésion cérébrale aiguë, incapables de répondre cliniquement aux commandes, ont réussi à contrôler une interface cerveau-machine uniquement par leur activité cérébrale. Cette étude menée par la Columbia University et le NewYork-Presbyterian Hospital ouvre une nouvelle piste pour détecter, et peut-être un jour communiquer avec, des patients présentant une « conscience cachée ».
Les chercheurs ont équipé 41 patients non réactifs d’électrodes EEG. Une voix leur demandait d’essayer d’ouvrir et fermer la main droite afin d’accélérer un signal sonore, puis d’arrêter ce mouvement mental pour le ralentir. Un algorithme analysait leur activité cérébrale en temps réel.
Résultat : 13 patients sur 41, soit 32 %, ont réussi à contrôler le système, alors même qu’aucune réponse comportementale n’était visible. Huit patients avaient par ailleurs été identifiés comme présentant une dissociation cognitivo-motrice, état dans lequel la conscience semble préservée malgré l’impossibilité d’exécuter physiquement une commande.
Les patients capables de contrôler l’interface présentaient également de meilleurs résultats ultérieurs : 46 % avaient retrouvé une autonomie fonctionnelle à douze mois, contre 7 % parmi ceux qui ne la contrôlaient pas. Cette association ne prouve toutefois pas que l’interface prédit à elle seule la récupération, l’étude étant monocentrique et portant sur un petit nombre de patients.
Le dispositif reste pour l’instant un canal de communication à sens unique et relativement lent. L’objectif des chercheurs est désormais de permettre aux patients d’exprimer des besoins simples, comme la douleur ou la faim.


