Des chercheurs de l’ETH Zurich ont développé une plateforme robotique conçue pour assister des interventions très délicates lors de grossesses gémellaires à haut risque. Leur objectif : rendre la chirurgie fœtale plus sûre, plus précise et plus facile à contrôler lorsque les instruments rigides atteignent leurs limites.
La technologie vise en particulier le syndrome transfuseur-transfusé, une complication rare mais grave qui peut toucher des jumeaux partageant le même placenta. Dans cette situation, des connexions vasculaires anormales déséquilibrent la circulation sanguine entre les deux fœtus. Le traitement consiste souvent à introduire un endoscope dans l’utérus afin d’identifier puis de fermer au laser les vaisseaux responsables.
Cette opération reste complexe, car le chirurgien doit naviguer dans une cavité large, mobile et fragile, avec une visibilité limitée. L’approche développée à Zurich repose sur un endoscope flexible guidé par des champs magnétiques. Le dispositif peut ainsi être orienté avec plus de souplesse qu’un instrument classique, tout en offrant une vision panoramique de la zone à traiter.
L’équipe, impliquant notamment le Medical Robotics Lab de l’ETH Zurich, a franchi une étape importante en démontrant les principales phases de la procédure dans un essai animal in vivo, dans des conditions proches de la réalité clinique.
Les chercheurs restent toutefois prudents : il ne s’agit pas encore d’un dispositif utilisé chez les patientes. Avant une application clinique, il faudra confirmer la sécurité, la fiabilité et le bénéfice réel de cette assistance robotique. Mais ces résultats montrent comment la robotique médicale pourrait transformer certaines interventions fœtales, en donnant aux chirurgiens des outils plus précis pour agir avant même la naissance.


