Une étude publiée dans JAMA Neurology met en avant le potentiel de la GFAP, une protéine mesurable dans le sang, pour mieux suivre l’évolution de la sclérose en plaques. Cette maladie reste difficile à prédire, en particulier lorsque le handicap progresse indépendamment des poussées inflammatoires visibles.
Les chercheurs ont analysé deux grandes cohortes longitudinales : la Swiss MS Cohort, menée dans plusieurs centres suisses, et l’étude EPIC, conduite à San Francisco. Au total, 2’329 personnes atteintes de sclérose en plaques ont été suivies, avec plus de 18’600 mesures de GFAP et de neurofilaments légers, un autre biomarqueur déjà utilisé pour évaluer l’activité de la maladie.
Les résultats montrent que les deux marqueurs ne reflètent pas les mêmes aspects de la maladie. Des niveaux élevés de neurofilaments légers sont surtout associés au risque de poussée à court terme. À l’inverse, une GFAP élevée est liée à un risque accru de progression du handicap indépendante des poussées, appelée PIRA. Les personnes présentant une GFAP élevée avaient environ 40% de risque supplémentaire de progression à court terme lors de l’intervalle de suivi suivant.
L’étude suggère aussi que la baisse de la GFAP après l’instauration de certains traitements, comme le fingolimod ou les thérapies déplétant les cellules B, est associée à un risque plus faible de progression ultérieure.
Ces résultats ne font pas encore de la GFAP un test décisionnel unique. Mais ils renforcent son intérêt comme outil de stratification du risque, de suivi personnalisé et de sélection des patients dans les futurs essais cliniques.


