Face au changement climatique, à la raréfaction des ressources et à la perte de biodiversité, une équipe internationale menée par l’Empa propose de créer une nouvelle discipline scientifique: la «Sustainability Robotics». Présentée dans un manifeste publié dans Nature Machine Intelligence, cette approche invite à évaluer les robots non seulement selon leur précision, leur vitesse ou leur autonomie, mais aussi selon leurs impacts environnementaux, sociaux et économiques.
Les chercheurs distinguent deux objectifs complémentaires. Le premier consiste à rendre les robots eux-mêmes plus durables grâce à une consommation énergétique réduite, à l’utilisation responsable des matériaux, à la réparabilité et à l’économie circulaire. Le second vise à employer la robotique pour répondre directement aux défis du développement durable, notamment par la surveillance des écosystèmes, l’entretien d’infrastructures difficiles d’accès ou l’intervention lors de catastrophes. Des drones biodégradables, des robots capables de se déplacer dans l’air et dans l’eau ou des systèmes volants d’inspection illustrent déjà ce potentiel.
Le manifeste s’appuie sur trois principes fondamentaux. Les robots devraient être peu invasifs afin de limiter leurs effets sur la nature et la société, accessibles à tous, y compris dans les régions défavorisées, et symbiotiques, en créant des bénéfices partagés pour l’être humain, l’environnement et l’économie.
Pour Mirko Kovač, responsable du laboratoire de Sustainability Robotics de l’Empa et de l’EPFL, le succès de cette nouvelle discipline ne se mesurera donc pas au nombre de machines produites, mais à leur contribution réelle aux écosystèmes, aux infrastructures et à la qualité de vie.


