Comment le cerveau transforme-t-il une intention en mouvement coordonné ? Une équipe menée par la neuroscientifique Silvia Arber, au Biozentrum de l’Université de Bâle et au Friedrich Miescher Institute, apporte une réponse plus précise grâce à une nouvelle carte du cortex moteur de la souris.
Jusqu’ici, cette région du cerveau était souvent divisée en grandes zones, notamment un cortex moteur primaire et un cortex moteur secondaire. La nouvelle étude, publiée dans Cell, révèle une organisation beaucoup plus fine. En analysant 547 expériences de traçage neuronal, les chercheurs ont identifié 16 sous-régions distinctes, chacune définie par son propre réseau de connexions avec d’autres régions cérébrales.
Cette architecture suit deux grands axes. D’arrière en avant, les régions passent de circuits davantage liés aux informations sensorielles, comme le toucher ou la position du corps, vers des circuits associés à la planification et à la prise de décision. Latéralement, l’organisation reflète en partie les différentes zones du corps, du tronc et des membres jusqu’au visage et à la bouche.
L’étude montre aussi que les cortex moteurs primaire et secondaire pourraient fonctionner davantage en parallèle qu’en hiérarchie stricte. Tous deux envoient des signaux coordonnés vers le tronc cérébral et la moelle épinière, deux relais essentiels pour l’exécution des mouvements.
Cette carte constitue un nouvel outil de référence pour les neurosciences. Elle devrait permettre de mieux aligner les données entre laboratoires et de comparer l’organisation du cortex moteur entre espèces, y compris chez l’humain. À terme, elle pourrait aussi aider à comprendre des maladies touchant les circuits moteurs et frontaux, comme la sclérose latérale amyotrophique ou certaines formes de démence.


