Comment les vaisseaux sanguins se forment-ils pour irriguer correctement les organes en oxygène et en nutriments ? Une équipe de l’Université de Bâle apporte une réponse nouvelle en montrant comment des forces mécaniques permettent à des cellules de s’assembler pour créer des tubes vasculaires continus.
Les chercheurs ont étudié ce processus chez le poisson-zèbre, un modèle particulièrement utile car ses embryons transparents permettent d’observer en direct la formation des vaisseaux. Grâce à l’imagerie de fluorescence, ils ont suivi la manière dont les cellules endothéliales, qui tapissent l’intérieur des vaisseaux, se déplacent, se réorganisent et restent connectées entre elles.
L’étude montre que deux types de forces sont indispensables. Certaines structures cellulaires poussent les cellules vers l’avant, tandis que d’autres exercent des forces de traction pour stabiliser les jonctions entre cellules. Ce dialogue mécanique permet à des segments séparés de se relier progressivement et de former une lumière continue, c’est-à-dire un canal dans lequel le sang pourra circuler.
Cette découverte souligne la plasticité remarquable des cellules vasculaires, capables d’être à la fois stables et très mobiles. Elle dépasse le seul domaine de la biologie des vaisseaux : comme presque tous les organes se développent en interaction avec le système vasculaire, mieux comprendre ces mécanismes aide aussi à mieux comprendre la formation des tissus.
À plus long terme, ces travaux pourraient soutenir le développement d’organoïdes et de tissus cultivés en laboratoire intégrant de véritables réseaux vasculaires fonctionnels.


