Après avoir transformé de nombreux domaines scientifiques, l’intelligence artificielle s’impose rapidement dans les sciences de la vie. Des groupes comme Google DeepMind, Anthropic, Meta et OpenAI développent désormais des systèmes capables d’analyser des génomes, de concevoir des protéines ou encore de proposer de nouvelles hypothèses biologiques.
L’un des exemples les plus marquants reste AlphaFold, développé par Google DeepMind pour prédire la structure tridimensionnelle des protéines. Cette dynamique s’étend désormais à la conception de nouvelles molécules et enzymes, ainsi qu’à la modélisation du fonctionnement cellulaire. Aux États-Unis, Biohub, le Department of Energy et les National Institutes of Health ont lancé avec Google DeepMind, Meta et Isomorphic Labs une initiative de 1,8 milliard de dollars visant à produire de vastes ensembles de données biologiques adaptés à l’IA.
Anthropic va encore plus loin en utilisant Claude comme outil de recherche. L’entreprise affirme que son IA a identifié dans des génomes de bactériophages un système enzymatique jusque-là non caractérisé, présentant certaines ressemblances avec CRISPR. Le résultat reste cependant préliminaire et doit encore être confirmé expérimentalement.
Ces avancées soulèvent aussi des questions importantes sur la propriété intellectuelle, la confidentialité des travaux scientifiques et la reproductibilité des découvertes. En France, l’Inserm recommande ainsi une vigilance particulière lors de l’utilisation de systèmes d’IA commerciaux avec des données de recherche ou de santé sensibles.
L’enjeu est désormais double : exploiter l’IA comme accélérateur de découvertes tout en préservant la souveraineté scientifique, les données et le rôle déterminant de l’expérimentation humaine.


