Une étude publiée dans Cell présente une piste thérapeutique prometteuse pour le syndrome de Leigh, une maladie mitochondriale rare, héréditaire et progressive, qui touche principalement les enfants. Cette pathologie altère le métabolisme énergétique, provoque des lésions cérébrales et peut entraîner des retards neurodéveloppementaux, des crises d’épilepsie, une faiblesse musculaire et une insuffisance respiratoire. À ce jour, aucun médicament n’est approuvé spécifiquement contre cette maladie.
Pour identifier de nouvelles options, les chercheurs ont utilisé des cellules de peau de patients reprogrammées en cellules souches pluripotentes induites, puis différenciées en neurones et en organoïdes cérébraux. Cette plateforme a permis de tester plus de 5’500 molécules, dont certaines déjà approuvées pour d’autres indications. Le criblage a mis en évidence le sildénafil, connu notamment comme principe actif du Viagra, mais aussi utilisé contre l’hypertension pulmonaire, y compris chez des enfants.
Dans les modèles cellulaires, le sildénafil a amélioré l’homéostasie du calcium, la croissance des neurites et plusieurs paramètres liés à la fonction mitochondriale. Les résultats ont ensuite été confirmés dans des organoïdes cérébraux et différents modèles animaux, avant une utilisation compassionnelle chez six patients atteints du syndrome de Leigh. Selon les chercheurs, tous les patients traités ont montré une amélioration clinique, notamment une meilleure récupération après des crises métaboliques, une amélioration neurologique ou une augmentation de la force musculaire.
Ces résultats restent préliminaires et doivent être confirmés dans un essai clinique contrôlé. Mais ils illustrent le potentiel du repositionnement de médicaments et des modèles dérivés de cellules souches pour accélérer la recherche contre les maladies rares. L’Agence européenne des médicaments a déjà accordé au sildénafil une désignation de médicament orphelin pour cette indication.


