Une étude publiée dans npj Aging apporte un éclairage mathématique sur une question centrale de la biologie du vieillissement : même si l’on parvenait à supprimer la plupart des mécanismes connus du vieillissement, jusqu’où la vie humaine pourrait-elle réellement être prolongée ?
Les chercheurs se sont concentrés sur les mutations somatiques, c’est-à-dire les erreurs qui s’accumulent progressivement dans l’ADN des cellules au cours de la vie. Ces mutations peuvent altérer le fonctionnement cellulaire, provoquer la mort de certaines cellules ou contribuer à la perte progressive de fonction des tissus.
Le modèle montre une différence importante entre les organes. Les tissus capables de renouveler leurs cellules, comme le foie, pourraient théoriquement compenser longtemps les effets des mutations grâce au remplacement cellulaire. En revanche, les tissus composés de cellules peu ou pas renouvelées, comme les neurones et les cellules du muscle cardiaque, constitueraient des points faibles majeurs. Une fois trop endommagées, ces cellules ne peuvent pas être facilement remplacées.
Selon les calculs, les mutations somatiques pourraient ramener une longévité théorique extrême de 1759 ans à environ 156 ans. En intégrant plusieurs organes, les auteurs estiment une limite médiane située entre 146 et 194 ans.
Ces résultats ne signifient pas que l’être humain pourra bientôt vivre deux siècles. Ils suggèrent plutôt que les mutations somatiques représentent une barrière biologique importante, mais pas l’unique cause du vieillissement. D’autres mécanismes devront donc être ciblés pour espérer prolonger la vie en bonne santé.


