La Lune est généralement considérée comme un environnement extrêmement hostile à la vie. Les températures extrêmes, l’absence d’atmosphère et le rayonnement ultraviolet intense rendent la surface lunaire très difficilement compatible avec la survie de microorganismes. Pourtant, une étude publiée dans Science Advances suggère que certaines zones du pôle sud lunaire pourraient être moins hostiles qu’on ne le pensait.
Les chercheurs de la NASA et de l’Université du Maryland ont combiné des données de télédétection, des modèles d’illumination à haute résolution et des données de survie microbienne. Leur objectif était d’identifier les endroits où la topographie lunaire crée des poches d’ombre, réduisant fortement l’exposition aux UV et maintenant des températures plus basses.
Leurs résultats indiquent que certaines bactéries et certains champignons venus de la Terre pourraient survivre au moins une semaine dans ces niches protégées. Il ne s’agit pas de dire que ces microbes pourraient se développer ou se reproduire sur la Lune : la survie en état dormant est très différente de la croissance active. Mais cette possibilité suffit à soulever une question importante pour les futures missions lunaires.
Avec le retour prévu d’explorations humaines près du pôle sud, notamment pour étudier la glace d’eau et préparer une présence durable, les astronautes et les équipements risquent d’emporter avec eux des microbes terrestres. Si ceux-ci survivent dans certaines zones, ils pourraient compliquer l’interprétation des analyses chimiques ou biologiques futures.
L’étude plaide donc pour une planification rigoureuse des missions, afin de mieux contrôler la contamination biologique et de préserver la Lune comme laboratoire naturel unique.


