Une thérapie ciblée contre la sclérose en plaques franchit une première étape clinique

Une thérapie ciblée contre la sclérose en plaques franchit une première étape clinique

Des chercheurs de l’Université de Zurich ont développé une nouvelle approche thérapeutique contre la sclérose en plaques, une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur le cerveau et la moelle épinière. Publiés dans PNAS, les premiers résultats cliniques suggèrent que cette stratégie pourrait, à terme, permettre de calmer la réaction auto-immune de manière plus ciblée.

Le principe repose sur les globules rouges du patient. Les chercheurs y fixent certains fragments de protéines, appelés peptides, liés aux structures que le système immunitaire attaque dans la sclérose en plaques. Une fois réinjectés, ces globules rouges sont naturellement éliminés par l’organisme, principalement dans le foie et la rate. Durant ce processus, les peptides sont présentés au système immunitaire d’une manière qui favorise la tolérance plutôt que l’inflammation.

L’objectif est donc de « rééduquer » l’immunité : apprendre aux cellules de défense à ne plus attaquer certains composants du système nerveux, sans bloquer globalement les défenses contre les infections ou les tumeurs. Cette différence est importante, car les traitements actuels de la sclérose en plaques reposent souvent sur une immunosuppression plus large.

L’étude reste toutefois préliminaire. Elle a été menée chez seulement 10 patients et visait d’abord à évaluer la sécurité, la tolérance et les mécanismes biologiques du traitement. Les résultats indiquent une bonne tolérance et l’apparition de signaux immunologiques prometteurs, notamment liés aux cellules T régulatrices spécifiques des antigènes.

Les chercheurs ont fondé la biotech Cellerys pour poursuivre le développement. Une prochaine étude devra désormais démontrer si cette approche peut réellement réduire l’activité de la maladie chez un plus grand nombre de patients.

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