Des chercheurs du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ont mis au point une molécule expérimentale capable de modifier la façon dont le cerveau enregistre ou réactive les souvenirs traumatiques, ce qui pourrait ouvrir une voie innovante dans le traitement des troubles anxieux. Cette découverte repose sur une compréhension de la mémoire émotionnelle et de ses circuits cérébraux, qui sont profondément impliqués dans des affections telles que le trouble de stress post-traumatique (TSPT).
La molécule agit sur des récepteurs spécifiques dans le cerveau, réorientant la consolidation ou le rappel des souvenirs traumatiques vers des réponses moins anxiogènes. Chez des modèles animaux, l’administration de cette substance est associée à une réduction significative des comportements anxieux après un événement stressant, suggérant qu’elle pourrait atténuer ou “réécrire” l’intensité émotionnelle associée aux souvenirs traumatiques sans effacer la mémoire elle-même.
Selon les scientifiques impliqués, l’une des forces de cette approche est qu’elle ne supprime pas les souvenirs mais modifie l’impact émotionnel négatif qu’ils exercent, ce qui est au cœur des symptômes d’anxiété. Cela pourrait offrir une alternative ou un complément aux thérapies actuelles (psychothérapies et médicaments anxiolytiques), qui ne sont pas toujours efficaces pour tous les patients.
La recherche reste toutefois à un stade préclinique. Avant toute application chez l’humain, il faudra évaluer la sécurité et l’efficience de cette molécule dans des essais cliniques, ainsi que mieux comprendre ses mécanismes d’action et ses effets à long terme. Les résultats soulignent néanmoins l’importance de nouvelles stratégies pharmacologiques ciblant directement la plasticité émotionnelle du cerveau.


