Une nouvelle étude publiée dans Science Advances met en lumière un mécanisme important reliant l’apnée obstructive du sommeil aux troubles métaboliques. Les chercheurs ont étudié l’effet de l’hypoxie intermittente chronique, c’est-à-dire les baisses répétées d’oxygène pendant le sommeil, caractéristiques de l’apnée du sommeil. Leur objectif était de comprendre comment ces épisodes influencent le métabolisme sur 24 heures, notamment au niveau du foie.
Dans un modèle murin reproduisant certains effets de l’apnée du sommeil, l’équipe a observé qu’après quatre semaines d’exposition à une hypoxie intermittente limitée à la phase de repos, l’organisation métabolique du foie était profondément modifiée. Les rythmes liés au glucose, aux lipides et aux mécanismes d’oxydoréduction étaient reprogrammés de manière dépendante du moment de la journée. Le métabolisme semblait notamment s’éloigner de processus fortement consommateurs d’oxygène pour privilégier des mécanismes plus économes, comme la gluconéogenèse, la mobilisation des lipides et le renouvellement du glycogène.
L’étude identifie également la voie cAMP-CREB1 comme un acteur central de cette reprogrammation circadienne du foie, en lien avec le stress adrénergique provoqué par l’hypoxie intermittente. Ces résultats suggèrent que l’apnée du sommeil ne perturbe pas seulement la respiration nocturne : elle pourrait aussi agir comme un puissant « synchroniseur » métabolique, capable de modifier l’architecture circadienne de l’organisme. À terme, cette découverte pourrait aider à mieux comprendre les liens entre troubles du sommeil, diabète, dysfonctionnements lipidiques et maladies métaboliques.


