Suisse 2024/2025 : un écosystème entrepreneurial performant, mais encore trop prudent

Suisse 2024/2025 : un écosystème entrepreneurial performant, mais encore trop prudent

Le GEM Switzerland National Report 2024/2025 dresse le portrait d’un écosystème entrepreneurial robuste, mais traversé par des tensions liées à l’incertitude mondiale et à des fragilités internes persistantes. Si la Suisse bénéficie d’infrastructures de premier ordre, d’un fort transfert R&D et d’un accès relativement stable au financement, l’intention entrepreneuriale reste étonnamment modeste.

En 2024, seuls 10% des adultes suisses envisagent de créer une entreprise, un niveau stable depuis 2022, malgré un environnement perçu comme globalement favorable. La peur de l’échec demeure élevée (37,3%), tandis que la confiance en ses propres compétences entrepreneuriales plafonne à 44,4%, avec un écart marqué entre hommes (54%) et femmes (34,7%).

L’activité entrepreneuriale précoce (TEA) a connu des fluctuations importantes entre 2020 et 2024, passant de 9,2% en 2020 à 7,4% en 2022 avant de se stabiliser à 9,9% en 2024. Les disparités de genre persistent : même si l’écart s’est réduit en 2023, l’entrepreneuriat masculin reste plus élevé que l’entrepreneuriat féminin.

Un changement notable concerne les motivations. Plus de la moitié des entrepreneurs déclarent vouloir « faire une différence dans le monde » (52,3% en 2024), avec une forte orientation mission-driven chez les femmes (60% contre 45,9% chez les hommes). La durabilité est devenue centrale : plus de 80% des entrepreneurs déclarent toujours considérer l’impact social dans leurs décisions, et les femmes se distinguent particulièrement dans la priorité accordée à l’impact environnemental.

L’internationalisation progresse également. En 2024, 24% des jeunes entreprises génèrent plus de 25% de leurs revenus à l’étranger, avec un leadership marqué du Tessin. Cette orientation exportatrice renforce la compétitivité suisse, mais expose aussi davantage les entreprises aux tensions commerciales internationales.

Du côté des conditions-cadres (NECI), la Suisse reste stable, avec un score de 5,7 en 2024 après un pic à 5,8 en 2022. Les infrastructures physiques (≈7,9) et le transfert R&D sont des points forts, mais l’éducation entrepreneuriale au niveau scolaire demeure le maillon faible (score 3,5).

En résumé, la Suisse dispose d’atouts structurels puissants — stabilité démocratique, excellence scientifique, capacité d’innovation — mais l’entrepreneuriat reste freiné par une culture prudente, une faible intention de création et des écarts persistants en matière de genre et d’éducation. Le rapport appelle à renforcer l’éducation entrepreneuriale, à valoriser les modèles de rôle et à soutenir davantage l’innovation durable pour transformer le potentiel en dynamique entrepreneuriale plus ambitieuse.

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