Après les injections, les traitements contre l’obésité entrent dans une nouvelle phase : celle des comprimés. L’arrivée de pilules ciblant les mêmes voies hormonales que les médicaments GLP-1 pourrait modifier l’accès et l’usage de ces thérapies, devenues en quelques années un enjeu majeur de santé publique et un marché stratégique pour l’industrie pharmaceutique.
Le Wegovy en comprimé, développé par Novo Nordisk, a franchi une étape importante en Europe. L’Agence européenne des médicaments a recommandé son autorisation comme premier traitement oral GLP-1 destiné au contrôle du poids. Selon les données évaluées, les personnes traitées par comprimé ont perdu en moyenne 13,61% de leur poids corporel, contre 2,18% dans le groupe placebo.
En parallèle, le Royaume-Uni a autorisé l’orforglipron de Lilly, commercialisé sous le nom Foundayo. Ce comprimé quotidien, également fondé sur la voie GLP-1, est indiqué pour le contrôle du poids et le diabète de type 2. Il marque une étape supplémentaire dans la concurrence entre grands laboratoires, alors que les injections comme Wegovy, Mounjaro ou Zepbound ont déjà transformé la prise en charge de l’obésité.
L’intérêt des comprimés est évident : ils sont plus simples à prendre, plus faciles à distribuer et potentiellement mieux acceptés par certains patients que les injections. Mais ils ne changent pas la nature du traitement. Ces médicaments doivent rester associés à une alimentation adaptée, à l’activité physique et à un suivi médical.
Leur arrivée pose aussi des questions de coût, d’accès, d’effets secondaires et de traitement au long cours. L’obésité étant une maladie chronique, ces pilules ne sont pas une solution miracle, mais elles pourraient élargir l’arsenal thérapeutique disponible.


