Les grandes villes d’Europe sont en première ligne face aux effets sanitaires du changement climatique. Selon un rapport du Lancet Countdown, les métropoles progressent dans l’adaptation, mais trop lentement au regard de l’intensification des risques. Chaleur extrême, pollution, inondations, sécheresses et incendies pèsent déjà sur la santé des populations urbaines.
Le problème est accentué par la forme même des villes. Les surfaces minérales, la densité du bâti et le manque de végétation créent des îlots de chaleur qui amplifient les températures ressenties. Les personnes âgées, les enfants, les travailleurs exposés à l’extérieur et les ménages précaires sont particulièrement vulnérables, car ils disposent souvent de moins de moyens pour se protéger ou adapter leur logement.
Le rapport souligne aussi de fortes disparités régionales. Dans les villes d’Europe du Sud, la mortalité liée à la chaleur aurait augmenté de près de 161% entre 1991-2000 et 2015-2024, tandis que le risque d’incendies de forêt y a progressé de 7% entre 2003 et 2023.
Les réponses existent : plans climat, végétalisation, alertes sanitaires, rénovation des bâtiments, accès à l’eau et zones de fraîcheur. Mais leur mise en œuvre reste inégale et souvent insuffisante. En 2023, 174 des 209 villes et municipalités européennes répondantes avaient mené une évaluation des risques climatiques, signe d’un progrès réel mais encore incomplet.
Pour le Lancet Countdown, l’enjeu est désormais d’accélérer. Adapter les villes n’est plus seulement une politique environnementale : c’est une priorité de santé publique.


