Des chercheurs de l’Empa développent une nouvelle méthode de capture directe du CO₂ atmosphérique qui mise sur la vitesse plutôt que sur la quantité absorbée à chaque cycle. Leur objectif : utiliser des revêtements ultrafins capables de capter puis de libérer le CO₂ en moins d’une seconde.
Les technologies actuelles de « Direct Air Capture » font circuler de grandes quantités d’air à travers des matériaux poreux qui retiennent le CO₂. Ces filtres doivent ensuite être chauffés, souvent sous vide, pour récupérer le gaz. Le procédé reste coûteux et énergivore, notamment parce que le CO₂ ne représente qu’environ 430 parties par million dans l’atmosphère.
L’approche de l’Empa utilise au contraire des couches extrêmement fines contenant des amines. Le CO₂ se fixe directement à leur surface. Leur faible masse permet de les chauffer et de les refroidir rapidement, ce qui devrait réduire l’énergie nécessaire à leur régénération.
Le dispositif envisagé fonctionne comme un tapis roulant : une surface recouverte du matériau traverse continuellement une zone où elle capture le CO₂, puis une seconde où chaleur et pression réduite permettent de le libérer sous forme concentrée. Plusieurs petites unités pourraient être assemblées plutôt que de construire uniquement de grandes installations.
La technologie reste cependant au stade de la recherche. L’Empa doit encore développer une plateforme expérimentale et vérifier la stabilité des revêtements sur de nombreux cycles. Les travaux s’inscrivent dans l’initiative Mining the Atmosphere, qui ambitionne à terme de transformer le carbone capturé en matériaux et produits chimiques utiles.


