Lorsque l’on évoque la puissance de l’industrie pharmaceutique suisse, les noms de Roche et de Novartis viennent naturellement à l’esprit. Pourtant, les chiffres récemment publiés révèlent une réalité beaucoup plus surprenante : le premier contribuable du pays est aujourd’hui MSD, le groupe pharmaceutique américain.
En 2025, MSD aurait versé près de 1,8 milliard de francs d’impôts sur les bénéfices en Suisse, soit davantage que Roche, Novartis ou Nestlé réunis. À lui seul, le groupe représenterait environ 6 % des recettes de l’impôt sur les bénéfices des entreprises en Suisse.
Au-delà de l’anecdote, cette information raconte plusieurs histoires.
D’abord, elle illustre l’attractivité exceptionnelle de la Suisse pour les activités à forte valeur ajoutée. Les grandes entreprises ne choisissent pas seulement notre pays pour sa fiscalité. Elles y trouvent un environnement stable, des compétences scientifiques de premier plan, une protection de la propriété intellectuelle, un système de formation performant et un écosystème d’innovation parmi les meilleurs au monde.
Ensuite, elle rappelle combien notre prospérité dépend aujourd’hui d’entreprises profondément internationales. L’un des principaux contributeurs aux finances publiques suisses n’est pas une entreprise née en Suisse, mais une entreprise qui a choisi d’y développer une partie stratégique de ses activités.
Enfin, cette nouvelle invite à dépasser les caricatures du débat fiscal. Derrière les montants d’impôts se trouvent aussi des investissements, des emplois hautement qualifiés, des centres de recherche, des collaborations avec nos universités et une contribution importante à la compétitivité de notre économie.
La question n’est donc pas seulement qui paie le plus d’impôts, mais comment la Suisse peut continuer à attirer et à faire grandir les entreprises qui créent de la valeur sur son territoire.
Dans un contexte où la concurrence internationale s’intensifie et où les règles fiscales évoluent rapidement, cette capacité constituera sans doute l’un des principaux déterminants de notre prospérité future.


