Editorial : Une startup ne se construit pas avec des titres. Elle se construit avec des profils capables d’évoluer.

Editorial : Une startup ne se construit pas avec des titres. Elle se construit avec des profils capables d’évoluer.

J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer le fait qu’attribuer trop tôt des titres au sein d’une jeune équipe fondatrice constitue souvent un écueil. L’illustration de l’évolution des besoins en leadership dans les sociétés biotech présentée dans l’article ci-dessous reflète parfaitement cette conviction, qui nous a progressivement amenés à structurer différemment nos activités d’innovation et de création de startups.

Une startup n’est pas une structure figée. C’est un organisme vivant qui évolue profondément entre la découverte scientifique, la création de valeur, les premiers financements, le développement clinique, l’industrialisation ou l’expansion internationale. Or les compétences nécessaires à chacune de ces phases sont rarement portées par une seule et même personne.

C’est précisément pour cette raison que nous préférons souvent fonctionner avec des “entrepreneurs en résidence” comme coordinateurs et porteurs de projets plutôt qu’avec des structures hiérarchiques trop explicite dès les premières étapes.

Non pas parce que les fondateurs ou premiers dirigeants déméritent, bien au contraire. Mais parce qu’il est extrêmement difficile, humainement et culturellement, de demander ensuite à un CEO qui a contribué à faire naître un projet d’accepter une évolution de gouvernance lorsque les besoins de l’entreprise changent. Le retrait d’un titre est trop souvent vécu comme un échec personnel, alors qu’il devrait être considéré comme une adaptation naturelle à la maturation du projet.

L’enjeu n’est pas de préserver des positions.
L’enjeu est de permettre au projet d’atteindre son plein potentiel.

Le premier réflexe est souvent personnel : préserver une position, un titre ou un statut. Le second devrait être collectif : permettre au projet d’atteindre son plein potentiel. Mais l’ego empêche parfois ces deux dimensions de s’aligner… ce qui me rappelle une remarque très sage de Roland-Yves Mauvernay, fondateur de Debiopharm, qui me disait un jour :
« L’ego ne doit pas être placé sur la personne, mais sur le projet. »

L’article ci-dessous illustre particulièrement bien cette dynamique évolutive des équipes et des leaderships dans les startups biotech :

The 𝗲𝘃𝗼𝗹𝘃𝗶𝗻𝗴 𝗻𝗲𝗲𝗱𝘀 of a 𝗯𝗶𝗼𝘁𝗲𝗰𝗵 𝘁𝗲𝗮𝗺

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