Des chercheurs de l’ETH Zurich explorent une nouvelle manière de fabriquer des éléments architecturaux en utilisant des bactéries capables de transformer du sable en matériau solide. Cette approche, appelée biocimentation, pourrait offrir à terme une alternative moins énergivore à certains matériaux de construction conventionnels.
Le procédé repose sur la bactérie Sporosarcina pasteurii. En présence de sable, d’urée et de calcium, elle déclenche la formation de carbonate de calcium, le principal constituant du calcaire. Des cristaux se développent entre les grains et les lient progressivement, sans cuisson à haute température.
Karen Antorveza Paez, chercheuse au Département d’architecture de l’ETH Zurich, a combiné ce phénomène biologique avec la fabrication numérique. Une première méthode utilise une « bio-encre » contenant du sable, un gel naturel et des bactéries, imprimée en 3D avant d’être minéralisée pendant plusieurs jours. Les chercheurs ont notamment produit un élément de façade et démontré la fabrication d’une paroi architecturale d’environ un mètre carré.
Une seconde technique repose sur un bras robotique qui dépose successivement sable, bactéries et substances nécessaires à la minéralisation. Inspirée des stromatolites naturels, cette méthode permet de construire des surfaces couche après couche et son automatisation a été démontrée lors de la Biennale d’architecture de Venise 2025.
Les chercheurs soulignent cependant que le biociment se rapproche encore davantage d’un mortier que d’un béton structurel. Sa résistance, sa durabilité et la maîtrise de ses propriétés devront encore être améliorées avant un usage à grande échelle.


