Longtemps considérée comme un simple relais entre le cerveau et le reste du corps, la moelle épinière apparaît aujourd’hui comme un véritable centre de traitement de l’information. Plusieurs équipes de l’EPFL utilisent désormais l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour observer son activité et mieux comprendre son rôle dans le mouvement et la récupération neurologique.
Cette approche doit beaucoup aux travaux initiés par Nawal Kinany au Medical Image Processing Laboratory de l’EPFL. L’IRMf détecte indirectement l’activité neuronale grâce aux variations d’oxygénation du sang. Dans la moelle épinière, qui ne mesure qu’environ un centimètre de diamètre, le défi consiste à distinguer ce signal des perturbations liées notamment aux mouvements, à la respiration et aux battements cardiaques.
Une étude récente menée par Ekansh Sareen avec les équipes de Dimitri Van De Ville et Friedhelm Hummel a combiné stimulation magnétique transcrânienne et IRMf de la moelle chez 22 volontaires. Les chercheurs ont observé que de faibles stimulations du cortex moteur activaient principalement les régions sensorielles de la moelle, tandis que des impulsions plus fortes atteignaient les zones motrices contrôlant la main.
Cette technologie pourrait aussi contribuer à personnaliser les traitements de neurorééducation. Au centre NeuroRestore, dirigé par Grégoire Courtine de l’EPFL et Jocelyne Bloch du CHUV, l’imagerie de la moelle a déjà servi à guider le positionnement d’électrodes de stimulation chez des personnes paralysées. Elle est désormais étudiée en vue d’un essai clinique chez des patients victimes d’AVC.


