Et si le flair des chiens devenait un outil de dépistage du cancer ? En Inde, la start-up Dognosis explore cette piste en combinant l’odorat canin avec l’intelligence artificielle. Dans un centre situé près de Bengaluru, une quinzaine de chiens sont entraînés à reconnaître, dans l’haleine humaine, des signatures odorantes associées à différents cancers.
Le principe repose sur une idée déjà étudiée depuis plusieurs années : certaines maladies modifient les composés chimiques émis par le corps. Ces variations, parfois imperceptibles pour les technologies classiques, pourraient être détectées par l’odorat très développé des chiens. Chez Dognosis, les animaux portent des casques et harnais équipés de capteurs imprimés en 3D. Ceux-ci enregistrent leur respiration, leur activité cérébrale et leurs mouvements lorsqu’ils reniflent un échantillon.
L’intelligence artificielle intervient ensuite pour transformer ces réactions en données interprétables. Les patients respirent dans un masque en coton pendant quelques minutes ; l’échantillon est ensuite scellé et analysé en laboratoire, sans contact direct entre le patient et les chiens.
Une étude de phase II menée dans six hôpitaux du Karnataka, en Inde, a inclus 3’275 participants, dont 1’502 dans la cohorte de test. Le système combinant olfaction canine et modèle bayésien a atteint une sensibilité de 90,8% et une spécificité de 91,3% pour sept grands groupes de cancers.
Ces résultats sont prometteurs, notamment pour des pays où le dépistage précoce reste difficile d’accès. Mais ils devront être confirmés dans de plus vastes études indépendantes, en conditions réelles de dépistage, avant toute utilisation clinique.


