Un article publié dans Nature Machine Intelligence appelle à structurer un nouveau champ de recherche : la robotique durable. Les auteurs partent d’un constat simple : les robots peuvent aider à répondre à des défis majeurs, du climat à la santé en passant par l’éducation, mais leur développement reste encore fragmenté et parfois insuffisamment aligné avec les objectifs de durabilité.
Le manifeste propose trois grands principes. D’abord, les robots devraient être peu invasifs, afin de limiter leur impact sur les écosystèmes, les infrastructures et les organisations humaines. Ensuite, ils devraient être universellement accessibles, notamment pour les communautés mal desservies, les zones isolées ou les environnements extrêmes. Enfin, ils devraient être symbiotiques, c’est-à-dire conçus pour produire des bénéfices mutuels entre humains, machines et nature.
Les auteurs distinguent aussi deux dimensions complémentaires. La première concerne la conception durable des robots eux-mêmes : choix des matériaux, consommation énergétique, fabrication, maintenance et fin de vie. La seconde porte sur l’utilisation des robots comme solutions pour la durabilité, par exemple dans la surveillance environnementale, l’agriculture, la restauration d’écosystèmes, les soins ou les interventions en milieux difficiles.
Avec des affiliations incluant notamment l’Empa et l’EPFL, cette perspective plaide pour une approche interdisciplinaire associant ingénierie, sciences naturelles, économie, éthique et politiques publiques. L’objectif n’est pas seulement de créer des robots plus performants, mais de s’assurer qu’ils répondent à de vrais besoins, sans aggraver les inégalités ni déplacer les problèmes environnementaux.
La robotique durable pourrait ainsi devenir un cadre essentiel pour orienter l’innovation vers un impact technologique plus juste, mesurable et responsable.


