Le tissu adipeux, nouvel intermédiaire entre alimentation et douleur

Le tissu adipeux, nouvel intermédiaire entre alimentation et douleur

Une collaboration entre l’UNIL et le CHUV met en lumière un acteur longtemps sous-estimé dans la perception de la douleur : le tissu adipeux. Alors que le lien entre microbiote intestinal et cerveau est désormais bien établi, ces travaux suggèrent qu’un troisième partenaire joue un rôle clé dans la transmission des signaux liés à la douleur.

Les recherches menées par Virginie Mansuy-Aubert, professeure associée au Département de sciences biomédicales de l’UNIL, et François Gorostidi, médecin cadre au CHUV, s’intéressent à l’effet des fibres alimentaires sur les nerfs somatosensoriels, responsables de détecter et transmettre les signaux douloureux au cerveau.

L’étude montre que le problème ne vient pas seulement d’une alimentation riche en sucres et en graisses, mais surtout d’un manque de fibres. Lorsque ces fibres fermentescibles diminuent, le microbiote produit moins d’acides gras à chaîne courte. Or ces molécules jouent un rôle anti-inflammatoire sur le tissu adipeux, ce qui protège les neurones sensoriels et réduit leur hypersensibilité.

À l’inverse, un déficit en fibres peut modifier le microbiote, réduire les signaux anti-inflammatoires et favoriser une inflammation chronique du tissu adipeux. Les neurones sensoriels deviennent alors plus excitables et réagissent plus fortement aux stimuli douloureux. Des observations comparables ont été retrouvées chez des patient·es grâce à l’analyse de tissus prélevés lors d’interventions chirurgicales.

Les chercheurs restent prudents : il ne s’agit pas encore d’une application clinique. Mais ces résultats renforcent l’intérêt d’une alimentation riche en fibres et ouvrent la voie à des approches plus personnalisées pour mieux comprendre, et peut-être moduler, la douleur.

En savoir plus

Leave a reply