Face aux incertitudes pesant sur les programmes scientifiques américains, l’ETH Zurich a engagé une opération d’ampleur exceptionnelle : transférer en Suisse une copie massive des données climatiques et environnementales publiques de la NASA. Au total, environ 100 pétaoctets ont été rapatriés vers le Centre suisse de calcul scientifique, à Lugano, soit l’équivalent de près de 20 millions de films.
Ce gigantesque réservoir contient des données d’observation de la Terre essentielles pour comprendre l’évolution du climat, suivre les océans, les glaces, l’atmosphère ou encore les écosystèmes. En centralisant ces informations en Suisse, l’ETH Zurich veut garantir leur accessibilité à long terme pour la communauté scientifique internationale, alors que les coupes budgétaires et les changements de priorités aux États-Unis suscitent des inquiétudes.
L’enjeu dépasse la simple conservation. Ces données doivent servir à entraîner la prochaine génération de modèles d’intelligence artificielle pour le climat. En les combinant avec la puissance de calcul du CSCS, les chercheurs espèrent développer des outils capables de mieux anticiper les phénomènes extrêmes, d’affiner les modèles climatiques et de soutenir la prise de décision publique.
Cette initiative positionne la Suisse comme un acteur clé de l’infrastructure scientifique mondiale. Elle rappelle aussi que, dans la recherche climatique, la souveraineté des données devient aussi stratégique que leur production.


