Une étude menée à l’Université de Bâle met en lumière un lien surprenant entre le fonctionnement de l’intestin, l’alimentation et le sommeil. Publiés dans Science Advances, ces travaux montrent que, chez la drosophile, une obstruction intestinale au début de la vie peut modifier profondément le comportement.
Chez les jeunes mouches, les premières heures après l’éclosion sont cruciales. Elles doivent d’abord éliminer le méconium, un déchet accumulé pendant le développement, avant de commencer à se nourrir. Les chercheurs ont découvert que cette étape est indispensable : lorsque l’intestin est bloqué, les mouches ne parviennent pas à évacuer ces déchets, mangent très peu, dorment beaucoup plus que la normale et meurent prématurément.
L’étude résout aussi une énigme ancienne. Depuis plus d’un siècle, on savait que certaines mouches présentant un défaut du gène Apterous ne développaient pas d’ailes et mouraient tôt. Les chercheurs montrent désormais que ce gène affecte aussi la formation du rectum. Au lieu de développer les structures nécessaires à l’élimination des déchets, ces mouches forment un bouchon qui bloque complètement l’intestin.
Ces résultats renforcent l’idée que l’intestin ne sert pas uniquement à digérer. Il envoie aussi des signaux capables d’influencer le cerveau et le comportement. Même si l’étude porte sur la mouche, elle ouvre des questions importantes pour la biologie humaine, notamment sur la manière dont les troubles intestinaux peuvent affecter l’appétit, la fatigue, le sommeil et l’état général de l’organisme.


