Face à la puissance d’innovation de la Silicon Valley, Genève cherche à affirmer sa place dans un domaine hautement stratégique : les neurotechnologies. L’écosystème genevois mise sur une combinaison rare de recherche académique, ingénierie biomédicale, clinique et entrepreneuriat pour exister dans la compétition internationale autour des interfaces cerveau-machine et des technologies de neuro-réhabilitation.
Au cœur de cette dynamique se trouve le Campus Biotech, qui réunit notamment le Wyss Center for Bio and Neuroengineering, l’EPFL, l’Université de Genève et des acteurs hospitaliers. Le Wyss Center accompagne depuis plusieurs années des projets visant à transformer des découvertes en dispositifs médicaux concrets, en particulier dans les interfaces cerveau-ordinateur, l’IA appliquée au diagnostic neurologique et les thérapies digitales.
Plusieurs start-up incarnent cette ambition. Neurosoft Bioelectronics développe des électrodes cérébrales souples et peu invasives pour mieux surveiller, traiter et restaurer certaines fonctions chez des patients atteints de troubles neurologiques. L’entreprise genevoise a récemment levé 7,5 millions de dollars pour accélérer ses interfaces cerveau-machine, renforçant son positionnement international.
ABILITY Neurotech, issue du Wyss Center, travaille de son côté sur une interface cerveau-ordinateur implantable destinée à restaurer la communication et le mouvement chez des patients paralysés. Le projet s’appuie sur plusieurs années de recherche et sur des collaborations avec les HUG, l’EPFL, le CHUV et des partenaires européens.
Genève ne dispose pas encore de la puissance financière de la Silicon Valley, mais elle possède un atout fort : un écosystème concentré, clinique et scientifique, capable de faire passer les neurotechnologies du laboratoire vers les patients.


