Des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et leurs partenaires ont mis au point un médicament oral qui réduit de façon notable les triglycérides et d’autres lipides dans le sang, selon des résultats publiés après un premier essai clinique humain de phase 1. Cet essai, qui ciblait des adultes en bonne santé, visait d’abord à évaluer la tolérance et la sécurité du composé avant d’observer ses effets sur le métabolisme des graisses.
Le médicament, baptisé TLC-2716, agit en modulant l’activité d’un récepteur appelé Liver X Receptor (LXR), impliqué dans le métabolisme des lipides. En ciblant spécifiquement l’activité de ce récepteur au niveau du foie et de l’intestin, les chercheurs ont pu réduire les triglycérides sans perturber d’autres voies protectrices du cholestérol, ce qui représente une avancée par rapport aux stratégies antérieures qui bloquaient ce récepteur de manière plus globale.
Dans l’essai, des participants ayant reçu des doses plus élevées de TLC-2716 ont montré des baisse de triglycérides pouvant atteindre près de 38,5 %, tandis que le cholestérol dit “résiduel” après repas a diminué jusqu’à 61 %. Ces effets ont été observés malgré des niveaux de lipides relativement normaux au départ, et sans que les volontaires ne prennent d’autres médicaments hypolipémiants.
Ces résultats, bien qu’encourageants, restent préliminaires et n’engagent pas encore l’utilisation clinique du médicament. Des essais de phase 2 sont nécessaires, notamment chez des personnes avec des taux élevés de lipides sanguins, afin de confirmer l’efficacité et l’innocuité du traitement dans une population plus large.
Ce type d’approche pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques contre les dyslipidémies — des troubles du métabolisme des graisses associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux ou de pancréatite, qui représentent des enjeux majeurs de santé publique.


