Un essai clinique randomisé de phase 3 publié dans Nature Medicine a révélé que l’heure à laquelle est administrée une immunochimiothérapie influence significativement le succès du traitement chez les patients atteints d’un cancer du poumon (NSCLC) avancé.
Dans cet essai baptisé LungTIME-C01, 210 patients sans traitement précédent et sans mutations ciblables ont été répartis aléatoirement pour recevoir leurs quatre premiers cycles d’immunochimiothérapie soit tôt dans la journée (avant 15 h), soit plus tard (à 15 h ou après). Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression de la maladie (PFS), les critères secondaires étant la survie globale (OS) et le taux de réponse objective au traitement.
Les résultats ont montré que les patients du groupe traité avant 15 h ont vécu en moyenne beaucoup plus longtemps sans progression du cancer (PFS médiane de 11,3 mois) que ceux traités plus tard (5,7 mois), avec un risque de progression significativement réduit (hazard ratio = 0,40). De même, la survie globale était supérieure dans le groupe traité tôt (28,0 vs 16,8 mois).
Du point de vue immunologique, l’administration matinale du traitement a aussi été associée à une augmentation des cellules T CD8⁺ circulantes et à un meilleur ratio de cellules activées versus épuisées, ce qui pourrait expliquer l’efficacité accrue observée.
Ces données confirment l’importance du rythme circadien — l’horloge biologique qui régule les fonctions physiologiques sur 24 h — dans la réponse immunitaire et suggèrent qu’un simple ajustement de l’heure de traitement pourrait améliorer les résultats thérapeutiques sans coûts supplémentaires, ouvrant une piste pour une chronothérapie personnalisée en oncologie.


