Le cervelet joue un rôle inattendu dans la schizophrénie — une piste vers de nouveaux traitements

Le cervelet joue un rôle inattendu dans la schizophrénie — une piste vers de nouveaux traitements

De nouvelles recherches menées par une équipe de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) mettent en lumière un rôle jusqu’ici méconnu du cervelet dans les symptômes les plus invalidants de la schizophrénie, notamment l’apathie, le retrait social et le manque de motivation — des manifestations souvent résistantes aux traitements actuellement disponibles.

Traditionnellement associé principalement à la coordination des mouvements, le cervelet contient environ 50 % des neurones du cerveau et intervient aussi dans des fonctions cognitives et émotionnelles. En étudiant près de 146 patients sur plusieurs mois, les chercheurs ont montré que le cervelet module l’activité du système de récompense cérébral, notamment via la zone ventrale tegmentale (VTA) impliquée dans la motivation et la perception de la valeur des expériences. Chez les personnes atteintes de schizophrénie, une régulation plus forte du cervelet sur ce système est liée à une réduction des symptômes négatifs, tandis qu’une régulation plus faible correspond à une aggravation des mêmes symptômes.

Ces résultats suggèrent que le cervelet n’est pas un simple “petit cerveau” limité au mouvement, mais qu’il influence des circuits émotionnels profonds, ce qui concorde avec d’autres données neuronales montrant des anomalies cérébelleuses dans la schizophrénie. Des travaux antérieurs ont aussi évoqué des dysfonctionnements des réseaux fronto-cérébelleux chez des patients schizophrènes, impactant l’attention et l’initiation de réponses aux stimuli, soulignant l’importance de cette structure dans la cognition au sens large.

L’un des aspects les plus prometteurs de cette découverte est son potentiel thérapeutique : contrairement à la VTA, profondément enfouie dans le cerveau, le cervelet est relativement facile d’accès pour des interventions non invasives, comme la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), actuellement explorée comme méthode pour moduler l’activité cérébrale dans divers troubles neurologiques.

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