En Suisse comme dans plusieurs pays européens, les prescriptions de médicaments utilisés pour traiter le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) augmentent nettement chez les adultes, une tendance qui soulève à la fois l’intérêt des cliniciens et des questions de santé publique. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large observé à l’échelle européenne ces dernières années.
Traditionnellement considéré comme un trouble de l’enfance, le TDAH est aujourd’hui reconnu comme persistant chez de nombreux adultes, avec des symptômes d’inattention, d’impulsivité ou de difficultés d’organisation qui peuvent affecter la vie professionnelle et sociale. Cette reconnaissance accrue, combinée à une meilleure sensibilisation des patients et des médecins, contribue à une augmentation des diagnostics et des prescriptions de médicaments adaptés, tels que les psychostimulants ou d’autres traitements pharmacologiques.
Une étude récente portant sur plusieurs pays européens — y compris des données suisses — montre que l’usage de médicaments contre le TDAH a fortement augmenté chez les adultes, notamment chez les femmes, qui voient leur taux de prescription croître plus rapidement que chez les hommes. Cette tendance est observée depuis une quinzaine d’années et s’est accentuée après la pandémie, reflétant probablement une combinaison de facteurs, parmi lesquels une meilleure détection clinique, la réduction de la stigmatisation liée au trouble et une demande accrue d’accompagnement thérapeutique.
Parallèlement, les données disponibles montrent qu’en Suisse les prescriptions augmentent aussi à l’échelle nationale, avec une progression notable de médicaments comme le méthylphénidate et d’autres psychostimulants, sur fond d’un débat continu sur l’adaptation des soins aux adultes présentant un TDAH.
Ce phénomène soulève deux grandes questions : d’une part, comment adapter l’offre de soins et le suivi clinique aux besoins d’une population adulte croissante concernée par le TDAH ; d’autre part, comment assurer un diagnostic précis et un usage approprié des médicaments, compte tenu des enjeux de santé mentale, de persistance des symptômes à l’âge adulte et des risques potentiels liés au traitement à long terme


