Il y a des journées qui apportent des réponses.
Comme beaucoup d’entre nous, il m’arrive de me tourner vers le passé et de me demander : quelle est la trace de mon action ? à quoi ont servi mes efforts ?
Trop souvent, nous nous réfugions derrière des métriques : des mètres carrés remplis, des organisations construites, des marques créées, des chiffres qui rassurent. Oui, en tant que directeur, j’ai vu Campus Biotech passer de zéro à 1’200 personnes, j’ai contribué à faire émerger un écosystème unique, à donner vie à 40’000 m², à structurer une ambition.
Mais tout cela reste secondaire face au sens profond de ce que nous faisons.
Aujourd’hui, ce sens s’est imposé avec une force rare: trois des quatre distinctions décernées dans le cadre du Queen Elizabeth Prize for Engineering — l’un des prix les plus prestigieux au monde, souvent comparé à un « Nobel de l’ingénierie » pour son exigence scientifique et son impact sociétal — récompensent des femmes et des hommes qui se sont engagés au cœur de Campus Biotech.
Et cette trace-là est essentielle.
Elle est scientifique, bien sûr.
Mais elle est surtout clinique et profondément humaine.
Elle redonne de l’espoir à des personnes touchées dans leur chair.
Bravo à John Donoghue , premier directeur du Wyss Geneva , pour avoir ouvert la voie aux interfaces cerveau-machine.
Bravo à Alim Louis Benabid , pour avoir soutenu et porté la neurostimulation profonde, offrant une nouvelle approche aux personnes souffrant de la maladie de Parkinson.
Bravo à Gregoire Courtine et Jocelyne Bloch pour leurs travaux remarquables sur la stimulation médullaire et la restauration du mouvement.
Et bravo également aux pionniers des implants cochléaires, qui rappellent combien la neuro-ingénierie peut transformer des vies.
Voir la neurostimulation ainsi mise en lumière est un signal fort. Il montre qu’au-delà de la médecine que nous connaissons, une médecine “électrique” est en train d’apporter non seulement des promesses, mais des solutions concrètes. C’est une conviction que je continue de porter et de soutenir au travers d’AIRCARE, dans une approche intégrative et fonctionnelle, allant de la stimulation à la neurostimulation.
Aujourd’hui, je ne vois plus seulement ce que nous avons construit, mais pour qui et pour quoi nous l’avons fait.
Bravo à ces chercheurs, cliniciens et entrepreneurs qui ouvrent de nouvelles perspectives à un monde médical qui en a profondément besoin.
Voilà une trace qui compte.


