Le biologiste américain J. Michael Bishop, lauréat du prix Nobel et figure majeure de la recherche sur le cancer, est décédé à l’âge de 90 ans.
Avec son collègue Harold Varmus, il a révolutionné la compréhension du cancer en démontrant que les gènes responsables des tumeurs (oncogènes) proviennent en réalité de gènes normaux de nos cellules, et non de virus extérieurs comme on le pensait auparavant.
Cette découverte, récompensée par le prix Nobel de médecine en 1989, a profondément transformé la biologie moderne. Elle a permis de comprendre que le cancer résulte de dysfonctionnements génétiques internes, ouvrant la voie à des traitements ciblés aujourd’hui largement utilisés, comme certaines thérapies anticancéreuses innovantes.
Né en 1936 en Pennsylvanie, Bishop a effectué l’essentiel de sa carrière à l’University of California, San Francisco, où il a également été chancelier. Il y a dirigé des programmes de recherche majeurs et contribué à faire de l’institution un centre mondial de référence en sciences biomédicales.
Ses travaux ont marqué un tournant décisif : ils ont permis d’identifier des “proto-oncogènes”, des gènes normaux pouvant devenir cancéreux sous l’effet de mutations ou de facteurs externes. Cette idée est aujourd’hui au cœur de la recherche en oncologie et du développement de médicaments anticancer.
Au-delà de ses découvertes scientifiques, Bishop était également reconnu pour son engagement en faveur de la recherche et de l’enseignement, ainsi que pour son influence durable sur plusieurs générations de scientifiques.
Son héritage est immense : il a contribué à transformer le cancer d’une maladie mal comprise en un phénomène génétique étudié avec précision — une avancée qui continue de sauver des millions de vies.


