Une nouvelle méthode permet de retracer l’activité passée des cellules

Une nouvelle méthode permet de retracer l’activité passée des cellules

Des chercheurs de l’ETH ont développé une technologie capable de conserver, à l’intérieur même des cellules, une trace de leur activité génétique passée. Baptisé « recordanelle », ce système permet de savoir quels gènes étaient actifs plusieurs jours auparavant, alors que les méthodes classiques n’offrent généralement qu’un instantané du moment présent.

Le principe repose sur l’archivage des molécules d’ARN, qui reflètent l’activité des gènes. Habituellement, ces molécules sont rapidement dégradées. L’équipe de Randall Platt, au Département des systèmes biologiques de l’ETH à Bâle, a conçu un système synthétique qui concentre et protège ces ARN dans une fine structure disposée autour des mitochondries. Plusieurs milliers de molécules peuvent ainsi être conservées pendant plusieurs jours.

La méthode a permis d’enregistrer des réponses cellulaires transitoires déclenchées notamment par l’interféron, un signal du système immunitaire. Dans certaines conditions expérimentales, ces traces sont restées détectables pendant au moins cinq jours. Les auteurs indiquent que leur système peut capturer des ARN représentant jusqu’à environ 90 % du transcriptome.

L’un des principaux intérêts concerne la recherche sur le cancer. Après une chimiothérapie, seules certaines cellules tumorales survivent et peuvent favoriser une rechute. Il est aujourd’hui difficile de savoir ce qui distinguait ces cellules avant le traitement. En archivant leur activité passée, les chercheurs espèrent pouvoir reconstruire leur trajectoire et identifier les mécanismes associés à leur survie.

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