Des chercheurs de l’ETH Zurich ont mis au point une méthode de recyclage chimique du verre acrylique, ou PMMA, capable d’en récupérer presque entièrement les briques de base. Le procédé fonctionne sans solvant, à une température bien plus basse que les méthodes classiques, et pourrait être intégré aux infrastructures industrielles existantes.
Le verre acrylique, connu notamment sous le nom commercial Plexiglas, est utilisé dans les vitrages, feux automobiles ou meubles. Son recyclage chimique repose habituellement sur la pyrolyse, qui nécessite des températures d’environ 400 à 450 °C et peut générer des sous-produits réduisant la pureté du matériau récupéré.
L’équipe dirigée par Athina Anastasaki, professeure en science des matériaux à l’ETH Zurich, utilise à la place un composé de la famille des N-hydroxyimides. Ce réactif peu coûteux provoque la rupture des chaînes polymères et permet la dépolymérisation à environ 180 à 230 °C, sans lumière ni solvant. Les chercheurs ont obtenu jusqu’à 98 à 99 % de monomères dans certaines expériences.
Le procédé fonctionne également sur des Plexiglas commerciaux contenant pigments et additifs. À l’échelle de laboratoire, les chercheurs ont récupéré des monomères très purs, susceptibles d’être utilisés pour fabriquer à nouveau des polymères de haute qualité.
L’ETH Zurich a déposé une demande de brevet et recherche désormais des partenaires pour industrialiser la technologie. Le principal avantage est sa simplicité : elle pourrait être adoptée sans transformation majeure des équipements actuels. Le procédé reste toutefois limité au verre acrylique et doit encore être testé à plus grande échelle.


