La narcolepsie de type 1 pourrait ne pas être provoquée uniquement par la destruction des neurones producteurs d’hypocrétine, comme le suppose l’hypothèse auto-immune dominante. Des chercheurs de l’Université de Lausanne (UNIL) avancent une autre piste : le déficit en hypocrétine, ou orexine, pourrait résulter d’une mise sous silence épigénétique du gène HCRT.
Cette maladie neurologique chronique se caractérise principalement par une somnolence diurne excessive et par la cataplexie, une perte soudaine du tonus musculaire déclenchée notamment par des émotions fortes. Elle est associée à un déficit marqué en hypocrétine, un neuropeptide de l’hypothalamus essentiel à la régulation de l’éveil et du sommeil.
Jusqu’ici, la forte association de la maladie avec l’allèle HLA-DQB1*06:02 a largement soutenu l’idée d’un mécanisme auto-immun détruisant les neurones à hypocrétine. Cette interprétation reste toutefois débattue. Les chercheurs proposent désormais qu’une altération épigénétique puisse désactiver HCRT et éventuellement d’autres gènes codant des neuropeptides hypothalamiques, sans nécessairement entraîner la disparition complète des neurones concernés.
Cette hypothèse pourrait avoir des conséquences thérapeutiques majeures : si les neurones sont toujours présents mais fonctionnellement silencieux, leur activité pourrait théoriquement être restaurée. Cette piste est explorée dans le projet Innosuisse 119.682 IP-LS, intitulé « Proof-of-concept of narcolepsy reversal by epigenetic therapy », dirigé scientifiquement par l’Université de Lausanne.


