OpenAI affirme avoir franchi une étape spectaculaire en mathématiques : la résolution du problème de Navier-Stokes, l’un des sept problèmes du millénaire. Ces équations décrivent le mouvement des fluides, comme l’air ou l’eau, et jouent un rôle central dans la météorologie, l’aéronautique ou la modélisation des océans. Leur difficulté ne vient pas seulement de leur utilité pratique, mais d’une question fondamentale : peut-on garantir que leurs solutions restent toujours régulières, sans singularité incontrôlable ?
OpenAI indique que son modèle interne a produit une solution en 88 heures, en mobilisant plus de 10’000 agents IA et plus de 130 milliards de tokens. L’entreprise présente ce résultat comme une démonstration de la capacité des systèmes d’IA à s’attaquer à des problèmes scientifiques d’une complexité exceptionnelle.
Mais l’annonce suscite déjà une vive controverse. Deux mathématiciens, Tristan Buckmaster et Levent Alpöge, ont signalé des similarités avec leurs propres travaux. OpenAI affirme ne pas avoir utilisé leurs prompts ni leurs résultats pour guider ses agents, tout en reconnaissant avoir enquêté sur la possibilité d’influences indirectes issues de données anonymisées. L’entreprise précise aussi qu’elle ne revendiquera pas le prix d’un million de dollars associé au problème.
La prudence reste donc de mise. En mathématiques, une preuve n’existe pleinement qu’une fois publiée, vérifiée et acceptée par les spécialistes. Le Clay Mathematics Institute souligne que ce processus peut prendre des années. Au-delà du résultat, l’affaire ouvre une question majeure : comment attribuer, vérifier et comprendre une découverte scientifique produite par des systèmes d’IA massifs ?


