Des chercheurs de l’Université de Bâle, de l’Hôpital universitaire de Bâle et de l’Université de Cambridge ont développé une nouvelle approche pour renforcer l’immunothérapie contre certains cancers difficiles à traiter. Leur objectif est de s’attaquer aux tumeurs dites « froides », qui parviennent à se protéger si efficacement du système immunitaire que les traitements actuels restent souvent peu efficaces.
L’étude, publiée dans Cancer Research, se concentre sur le microenvironnement tumoral, c’est-à-dire le tissu qui entoure les cellules cancéreuses. Dans cet environnement, la molécule PD-L1 joue un rôle central : elle agit comme un signal d’arrêt qui empêche les lymphocytes T d’attaquer la tumeur. Mais PD-L1 n’est pas seulement présent sur les cellules cancéreuses. On le retrouve aussi sur certains macrophages, ces cellules immunitaires normalement capables de « manger » les cellules anormales.
Les nouvelles molécules, appelées PSE, fonctionnent comme un pont moléculaire. Une extrémité se fixe à PD-L1, l’autre porte un signal capable d’activer les macrophages. Résultat : les macrophages sont encouragés à engloutir les cellules cancéreuses, tout en réduisant leur propre signal immunosuppresseur. Le microenvironnement de la tumeur devient ainsi moins protecteur pour le cancer et plus favorable à une attaque immunitaire.
Les chercheurs ont testé cette approche en culture cellulaire, ainsi que dans des modèles de poisson-zèbre et de souris. Une version optimisée des PSE a ralenti la croissance tumorale et prolongé la survie dans plusieurs modèles expérimentaux.
Ces résultats restent précliniques et devront encore être confirmés avant tout essai chez l’humain. Mais ils ouvrent une piste prometteuse : associer, à terme, des thérapies cellulaires comme les CAR-T à des molécules capables de réveiller les macrophages directement dans la tumeur.


