Une équipe de l’Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève propose de repenser l’ordre des traitements contre le glioblastome, l’un des cancers du cerveau les plus agressifs. Aujourd’hui, la prise en charge commence généralement par une chirurgie destinée à retirer le plus de tissu tumoral possible, avant d’enchaîner avec d’autres traitements.
Mais les chercheurs montrent que l’acte chirurgical n’est pas neutre. Après l’ablation de la tumeur, le cerveau déclenche des mécanismes de réparation tissulaire. Or cette réponse modifie le microenvironnement tumoral et peut rendre les cellules cancéreuses restantes plus difficiles à éliminer. L’idée testée par l’équipe est donc d’agir plus tôt, avant que cette réaction post-opératoire ne complique la réponse immunitaire.
Dans des modèles de glioblastome chez la souris, les scientifiques ont administré des cellules CAR-T avant la chirurgie. Ces cellules immunitaires, modifiées en laboratoire, sont conçues pour reconnaître une cible appelée TREM2, présente dans l’environnement tumoral. Cette stratégie a permis un contrôle tumoral durable inédit par rapport à une administration après l’opération.
L’équipe a également confirmé certaines observations sur des fragments de tumeurs humaines prélevés au bloc opératoire, grâce à une plateforme développée avec les services de neurochirurgie et de neuropathologie des HUG.
Ces résultats restent précliniques, mais ils pourraient influencer les futurs essais cliniques. Les chercheurs genevois prévoient un premier essai de phase 1 chez des patientes et patients nouvellement diagnostiqués, avec l’objectif initial d’évaluer la sécurité des cellules CAR-T après la chirurgie et la radio-chimiothérapie.


