Une étude publiée dans The Lancet Regional Health – Europe suggère qu’un traitement précoce par statines après un diagnostic de diabète de type 2 pourrait être associé à un risque plus faible de démence. Ces médicaments, largement utilisés pour réduire le cholestérol LDL et prévenir les maladies cardiovasculaires, pourraient aussi jouer un rôle dans la prévention cognitive chez une population particulièrement exposée.
Les chercheurs ont analysé les registres nationaux danois de 132’585 personnes qui venaient de développer un diabète de type 2 et qui n’avaient jamais pris de statines auparavant. Le suivi s’est étendu jusqu’à un diagnostic de démence, un décès, une émigration ou la fin de l’année 2021. L’équipe a comparé trois situations : absence de statines dans les cinq ans suivant le diagnostic, début tardif entre un et cinq ans, ou début précoce dans l’année suivant le diagnostic.
Au cours d’un suivi médian de 7,1 ans, 3’592 personnes ont développé une démence. À 10 ans, le risque estimé était de 3,9% chez les personnes n’ayant pas commencé de statines, contre 3,3% chez celles traitées précocement et 3,5% chez celles traitées plus tardivement. Le bénéfice apparaissait donc plus marqué lorsque le traitement était initié rapidement après le diagnostic de diabète.
Ces résultats ne prouvent toutefois pas un lien de causalité. Il s’agit d’une étude observationnelle, même si les auteurs ont utilisé une méthode visant à imiter un essai clinique. Ils soulignent eux-mêmes la nécessité d’essais randomisés pour confirmer ces observations. Mais l’étude renforce l’idée qu’une prise en charge cardiovasculaire précoce du diabète pourrait aussi contribuer à préserver la santé cérébrale.


