Qui se ressemble s’assemble… aussi dans le cerveau ?

Qui se ressemble s’assemble… aussi dans le cerveau ?

Une étude publiée dans Acta Psychologica par des chercheurs de l’ETH Zurich explore ce qui se passe dans le cerveau lorsque deux personnes de générations différentes collaborent. L’équipe a étudié des duos réunissant des personnes jeunes et âgées pendant une tâche de dessin réalisée à deux, afin de mieux comprendre comment la coordination sociale se construit au niveau cérébral.

Les recherches en hyperscanning mesurent généralement la synchronisation moyenne entre deux cerveaux pendant une interaction. Mais cette approche peut masquer des dynamiques plus fines, notamment lorsque les rôles ne sont pas parfaitement symétriques. Dans une collaboration intergénérationnelle, une personne peut guider tandis que l’autre s’adapte, ce qui modifie la manière dont les cerveaux se coordonnent.

Les chercheurs ont donc adopté une approche fondée sur des états cérébraux. Ils ont identifié sept configurations différentes de connectivité, combinant à la fois les liens entre régions d’un même cerveau et les liens entre les deux cerveaux. Un état s’est particulièrement distingué chez les duos intergénérationnels : la synchronisation entre les cerveaux y était relativement faible, tandis qu’une forte synchronisation apparaissait à l’intérieur du cerveau d’une seule personne, notamment entre deux régions frontales.

Les auteurs interprètent prudemment ce résultat comme le signe possible d’une répartition des rôles. La personne présentant cette synchronisation interne plus forte semblait davantage adapter son comportement à celui de l’autre. Le plus souvent, il s’agissait de la personne jeune, tandis que la personne âgée tendait à prendre un rôle plus directeur.

Ces résultats suggèrent que la coopération ne repose pas toujours sur une synchronisation parfaite entre deux cerveaux. Parfois, collaborer signifie aussi alterner, s’ajuster et trouver une complémentarité.

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