L’Empa explore un « sable vivant » pour stabiliser les sols désertiques

L’Empa explore un « sable vivant » pour stabiliser les sols désertiques

Transformer le sable du désert en sol plus accueillant pour la vie végétale reste un défi immense. L’Empa et la Khalifa University d’Abu Dhabi explorent toutefois une première étape originale : introduire dans le sable des micro-organismes capables de produire des biopolymères naturels.

Le sable est un support particulièrement difficile pour l’agriculture. Il contient peu de matière organique, retient mal l’eau et ses grains se lient faiblement entre eux, ce qui le rend très vulnérable à l’érosion par le vent et par l’eau. Dans un contexte de désertification accrue, ces limites compliquent fortement toute tentative de restauration des sols.

Les chercheurs du laboratoire Cellulose and Wood Materials de l’Empa ont testé une approche inspirée du vivant. Ils ont mélangé du sable d’Abu Dhabi avec certaines bactéries et certains champignons. Ces micro-organismes produisent de longues fibres de biopolymères qui forment des réseaux entre les grains de sable, créant une sorte de matériau composite naturel.

Les résultats sont encourageants. Les échantillons contenant des bactéries se sont révélés plus résistants que du sable pur et ont laissé l’eau s’infiltrer jusqu’à six fois plus lentement. Une seconde méthode, fondée sur des géotextiles de nanocellulose produits par des bactéries puis assemblés en couches avec le sable, a encore amélioré la performance : l’infiltration de l’eau y était jusqu’à 28 fois plus lente.

Cette technologie ne transforme pas immédiatement un désert en champ fertile. Mais elle pourrait apporter une première matière organique, stabiliser légèrement le sable et favoriser l’installation progressive d’autres micro-organismes ou plantes. Les prochaines étapes devront se faire en serre ou sur le terrain pour évaluer son potentiel réel en agriculture.

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