Ce que nos génomes révèlent de la manière dont les couples se forment

Ce que nos génomes révèlent de la manière dont les couples se forment

Une étude publiée dans Nature Human Behaviour apporte un nouvel outil pour comprendre comment les couples se forment à l’échelle des populations. Les chercheurs se sont intéressés à l’appariement assortatif, un phénomène bien connu en sciences sociales et en génétique : les partenaires ont tendance à se ressembler pour certains traits, comme la taille, le niveau d’éducation, la santé ou certains comportements.

L’équipe, menée notamment par des chercheurs de l’Université de Lausanne et du Swiss Institute of Bioinformatics, a développé une approche permettant de reconstruire les fragments d’ADN hérités de chaque parent. Cette méthode ne nécessite pas de disposer directement des génomes des couples, ce qui la rend particulièrement utile pour les grandes biobanques.

Les chercheurs ont appliqué leur approche à 245’884 individus de la UK Biobank et 194’325 individus de l’Estonian Biobank. En comparant les scores polygéniques hérités du père et de la mère pour 69 traits complexes, ils ont pu détecter des traces génétiques d’appariement assortatif récent.

Les résultats montrent des signaux pour plusieurs traits, notamment la taille, le niveau d’éducation, l’état de santé général ou encore le temps passé devant la télévision. L’étude suggère aussi que l’appariement pour la taille et l’éducation s’est renforcé dans les générations récentes, en particulier dans les cohortes estoniennes nées après 1980.

Ces travaux ne signifient pas que les couples se choisissent uniquement selon leur génome. Les auteurs rappellent que l’environnement social, les lieux de rencontre, l’âge, les normes culturelles ou les milieux de vie jouent aussi un rôle. Mais la méthode permet de mieux mesurer comment ces dynamiques laissent une empreinte dans les populations, avec des implications pour la génétique, l’épidémiologie et l’étude des inégalités sociales.

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