Sauvons notre pharma : pendant que la Suisse hésite, le monde investit

Sauvons notre pharma : pendant que la Suisse hésite, le monde investit

Le 7 février, Novartis a posé la première pierre d’un nouveau centre mondial de recherche biomédicale de près de 43 000 m² à San Diego, où travailleront 1 000 chercheurs dès 2029. Ce n’est pas une simple extension immobilière. C’est un signal stratégique.

Les talents, les investissements et les écosystèmes d’innovation se concentrent là où les conditions sont les plus favorables. San Diego, Boston, Shanghai ou Singapour l’ont compris depuis longtemps : la compétition mondiale se joue désormais sur la capacité à attirer les meilleurs chercheurs, à accélérer le transfert des découvertes vers les patients et à créer des communautés d’innovation denses et connectées.

La Suisse reste une référence mondiale en pharmacie et en biotechnologie. Mais cette position n’est plus un acquis. Lorsque nos propres champions investissent massivement à l’étranger, ils nous rappellent une réalité : l’excellence scientifique ne suffit plus. Il faut également un environnement compétitif, une politique industrielle ambitieuse, des infrastructures de pointe, des talents formés et une capacité à transformer rapidement les découvertes en innovations.

La question n’est donc pas de critiquer ces investissements. Ils sont parfaitement rationnels dans une stratégie mondiale. La véritable question est plus dérangeante : que faisons-nous pour que les prochains grands centres de recherche soient construits en Suisse ?

Sauver notre pharma ne signifie pas protéger le passé. Cela signifie préparer l’avenir. Investir dans les compétences, accélérer l’innovation, renforcer notre souveraineté technologique et faire de la Suisse l’endroit où l’on invente, développe, fabrique… et choisit de rester.

Parce que dans l’économie de la connaissance, les usines suivent les laboratoires, les emplois suivent les talents et la prospérité suit les décisions que nous prenons aujourd’hui.

En savoir plus

Leave a reply