C’est le prix que Novartis est prêt à payer pour acquérir la biotech britannique Myricx Bio, créée il y a seulement sept ans comme spin-off de l’Imperial College London et du Francis Crick Institute.
Pourquoi ? Parce que l’économie de l’innovation a changé. Les grands groupes n’achètent plus seulement des médicaments. Ils achètent des idées, des plateformes technologiques, des équipes d’exception et la capacité de produire les découvertes de demain. La valeur ne se crée plus à la fin du processus, lorsqu’un médicament arrive sur le marché. Elle se crée dès les premières découvertes scientifiques, lorsqu’une technologie ouvre un nouveau champ de possibilités.
Pour la Suisse, le message est limpide. Notre richesse future dépendra moins de notre capacité à produire des médicaments que de notre capacité à faire émerger les prochaines Myricx. Cela suppose une recherche d’excellence, des universités ouvertes sur l’entrepreneuriat, des investisseurs capables de prendre des risques, des infrastructures de transfert technologique performantes et un environnement où les meilleurs talents du monde ont envie de venir créer.
Les futures licornes de la biotechnologie ne naîtront pas par hasard. Elles naîtront là où un écosystème sait transformer une intuition scientifique en entreprise mondiale. La vraie question n’est donc pas de savoir pourquoi Novartis investit 1,1 milliard de dollars.
La vraie question est : combien de futures Myricx sommes-nous capables de créer en Suisse ?


